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flo par macaron pn

Crédit photo: Michel Daubrosse

floboux@gmail.com

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 09:34
Ma vitamine, mon plaisir du jour, lire cet article et découvrir ce nouveau concept store. Je reproduis ici l'intégralité de l'article presque parfait paru dans Libé sur le sujet :
 

 

 

"C’est l’histoire de deux retraités qui ne voulaient pas passer leur avenir en croisière. Marie-France et Bernard Cohen avaient fondé la société d’habillement de luxe pour enfants Bonpoint en 1975. Ils l’ont revendue en 2007, très bien dans tous les sens du terme, tant financièrement que techniquement. Ils ont en effet pérennisé leurs 80 emplois en prenant le temps de passer la main correctement à leurs successeurs grâce à un OBO (Owners buy out), formule plus complexe que de vendre à une multinationale du textile et au revoir messieurs dames. Cela leur a valu à l’époque un article élogieux dans les Echos titré «Tableau d’honneur pour les fondateurs de Bonpoint». Voilà pour le point de départ.

Pour la suite, Marie-France Cohen raconte : «Etre bon, c’est être obsessionnel. Je savais qu’au bout d’un moment, s’obséder pour des barboteuses… Je me suis dit qu’il fallait qu’on ait un projet derrière.» Pas les croisières. En revanche, depuis trente ans qu’ils travaillaient avec des fournisseurs à Madagascar, le couple était convaincu qu’il y avait des besoins sur place, ne serait-ce qu’en aidant les humanitaires déjà présents.

Caritatif. Des riches normaux auraient fondé une association. Les Cohen, non. «L’association, ça me gonfle, dit Marie-France Cohen sans détour. Et nous, on a un savoir-faire de commerçants.» D’où un projet simple : créer un magasin dont le profit, une fois les salaires et les impôts payés, irait entièrement vers l’humanitaire.

Ce commerce, qui ouvre aujourd’hui à Paris (1), vend de la mode, des meubles, des objets, de la décoration et s’appelle Merci. Pour remercier les clients qui viendront y dépenser leurs sous. Et les fournisseurs qui baissent leur marge pour que les clients viennent. Le but en effet est de proposer «le juste prix», explique Marie-France Cohen. Soit «10 % de très pas cher, 50 % de prix normaux qu’on trouve dans les multimarques et 30 % à 40 % de produits de créateurs à un tiers moins cher». Cela, grâce aux moindres prétentions financières des intéressés.

«Après la vente de Bonpoint, poursuit Marie-France Cohen, on était à l’abri du besoin, mais on n’était pas non plus Bill Gates. On s’est dit qu’avec 10 euros à nous, on allait essayer de faire 50 euros à distribuer.» Son mari, Bernard, enfonce le clou : «On va gagner beaucoup d’argent pour ensuite le distribuer. Quand je dis ça, personne ne me croit. Mon expert-comptable m’a pris pour un fou.»

Recup. Il est vrai que jusque récemment, il était juridiquement impossible de faire un tel montage en France. Une société ne peut distribuer que 5 pour mille de son chiffre d’affaires dans du caritatif, et si elle crée une fondation, elle seule peut y apporter des fonds. La loi de modernisation de l’économie (LME) a sauvé le projet des Cohen en créant la formule du fonds de dotation, l’équivalent des endowmen t funds américains .

C’est une chose de vouloir faire la charité via un commerce très lucratif plutôt qu’avec une association à but non lucratif. Encore faut-il que le magasin marche. Celui-là a ses chances. Le «savoir-faire de commerçants» dont parle Marie-France Cohen est plutôt un pif invraisemblable sur l’air du temps. Le projet Merci répond aux attitudes de consommation du moment. Un mélange assez branché et bobo, très soucieux d’esthétique, car les Cohen évoluent dans cet univers-là. Avec des principes anti-gaspillage qu’on qualifierait d’écolos, mais qui ressemblent davantage à de la bonne économie ménagère.

L’endroit résume les choix. 1 500 mètres carrés - «à notre âge, dit Marie-France Cohen, on n’allait pas ouvrir une boutique de 30 mètres carrés» -, un mégastore en somme. Mais sans le clinquant du genre. L’emplacement sur le boulevard Beaumarchais (IIIe) - voie automobile passante qui n’est ni mode comme la Bastille proche ni chic comme le Marais voisin - a été déconseillé aux Cohen par«tous les vrais commerçants». Mais c’est un trottoir qu’arpentent monsieur et madame Tout-le-monde.

Bulles. Pas d’architecte star non plus. Valérie Mazerat, jeune inconnue à la tête d’un cabinet de deux personnes, a accompli dans cet immeuble de 1820 un travail discret. Paradoxalement, ce magasin qui vend de la déco, n’est pas décoré. D’ailleurs, il ne contient pas un seul matériel d’étalage : seulement des meubles chinés qui sont, eux aussi, à vendre. En mode également, il y a de l’occasion, du vintage. L’esprit récup est encouragé.

Quant à la marchandise, elle répond à l’ambiance générale de la consommation : moins de camelote, moins de gâchis. Les Cohen s’entourent de «seniors qui ont des recettes et de jeunes qui ont des talents», selon le mot de madame. L’offre va des assiettes jetables en bagasse (mélasse de sucre) biodégradables (2 à 5 euros les lots) jusqu’à la grande table de marché en lattes sur tréteaux qui se roule autour de ses pieds repliés et se fourre dans le fond d’un placard (195 euros). En plus luxe, Jean-Luc Colonna d’Istria, le «senior» du secteur maison, a commandé aux Cristalleries royales de Champagne fondées en 1648, un classique de la flûte, l’Epernay. Mais l’a fait simplifier par un jeune designer. En le montrant, il explique que le pied creux de ce verre a été inventé au XIXe siècle parce qu’il retenait les bulles vers le bas ce qui convenait mieux aux dames du temps. Une vraie culture des objets.

Fait maison. Mais ce qui frappe le plus, c’est ce concentré de petites idées en résonance avec l’époque : un café-bouquiniste où les visiteurs sont invités à offrir leurs surplus de fiction, qui rappelle les «lâchers de livres». Une mercerie nourrie des dons de tissus de créateurs, mise en scène par une artiste en résidence, Apolline, qui évoque le retour du fait maison. Des parfums Annick Goutal vendus moins chers dans de simples flacons de laboratoire rechargeables, geste écologique et économique.

Un fleuriste aussi. La patronne veut privilégier des plantes de saison, des branchages, qui ne viennent pas de l’autre bout du monde par avion-cargo. Elle avait tenté une association avec un professionnel connu. «Il est allé me dépenser le PNB du Congo à Rungis pour revenir avec des bouquets de pivoines en décembre !» Il n’avait pas bien saisi l’esprit, sans doute. Ni l’air du temps." S. VINCENDON

 


enfantsfleurs

 

 

C'est ici que cela se passe:


mercisource photo

Pourquoi je parle d'article "presque parfait " ?
Parce qu'un certain mot  n'est jamais cité alors que l'idée de ce nouvel endroit repose aussi sur la Créativité.

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Published by Florence - dans SHOPPING
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commentaires

delphine cossais 12/03/2009 12:48

J'ai, moi aussi, repérée cette initiative en lisant un magazine (Elle, je crois) dans le train Paris-Nantes il y a 3 semaines!!!
J'ai hâte d'aller y faire un tour!!!

Florence 12/03/2009 15:11


Alors si tu y vas sache que pas loin de là, rue de la Roquette, il y a le stock de souliers "Carel".
Il s'appelle "sabotine" ... :) Bises Delphine


Hadda 11/03/2009 23:46

j'y suis allée et c'est vraiment un bel endroit, les yeux sont attirés partout et il s'en dégage une douce énergie ( ils sont encore entrain de mettre la touche aux dernières finitions: coup de peinture ce qui donne encore une atmosphère particulière)
le fleuriste et la librairie avec son café valent aussi le détour ( j'ai craqué pour un bouquet de jacynthe ultra violet mais je suis raisonnable je n'ai pas craqué -pour l'instant- pour les trop mignonnes tasses à café bleu nuit, ni les paires de chaussure et tout le reste)
MERCI florence
ps: pour les parisiens ou les visiteurs la station de métro c'est sébastien froissart ligne 8 et pas oberkampf ligne dixit le site de la ratp

;)

Florence 12/03/2009 15:07


Cool, merci pour ce retour et ces infos Hadda


mato Sapa 11/03/2009 07:44

Merci ! C'est à toi que je le dis ! merci de nous faire découvrir ce magnifique élan d'amour
Mitacuye Oyasin

Florence 11/03/2009 10:00


Tu as vu ... ça donne la pêche, hein !
Bises


Thalie 11/03/2009 01:15

J'espère que chez ces personnes, il s'agit simplement d'une méconnaissance du fonctionnement d'une associaiton qui peut très bien ne pas dépendre de subventions, si les activités qu'elle met en place s'autofinancent. Tout comme elle peut très bien, sur ces bases, fonctionner autrement qu'avec une majorité de bénévoles (-;

Florence 11/03/2009 09:57


Oui Thalie, nous sommes bien d'accord ;)


marlene 10/03/2009 14:04

excellent cet article,
1- j adore le titre du magasin, sans gratitude t as rien dans la vie, je dis!
2- la creativite, ca me titille passablement depuis qq temps...y est temps de passer a l action! oh yessssssss

j aime le concept, la demarche des cohen. si j etais a paris, je ferai comme hadda, j y filerai de suite!

dis-moi, cet article etait pas dispo sur le net? ca m intrigue que tu aies pris du temps a taper tout ca avec tes ptits mimines de fee!! c etait quoi l intention derriere tt ca?
belle journee, ici ca sent le printemps!

Florence 10/03/2009 14:31


J'ai fait un copier collé de l'article car je ne clique pas forcément moi-même sur les liens proposés dans un blog et je voulais rendre ce message vraiment visible. Voilà mon intention, Bises
Marlène.