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flo par macaron pn

Crédit photo: Michel Daubrosse

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 18:19

Dans le supplément du journal Le Monde à paraître demain se trouve un hommage magnifique à Maurice Béjart écrit par la danseuse étoile Sylvie Guillem.

En voici deux extraits, le premier concerne le rôle du maître ou de d'accompagnant :

" Après le concours de Varna, Maurice a été invité à créer pour le ballet de l'Opéra. Il a inventé Arepo (Opéra à l'envers). Dans cette pièce, il m'a composé un solo sur l'air de je ris de me voir si belle en ce miroir, moi qui étais maladivement timide dans la vie. J'étais bloquée, les mots ne sortaient pas. Cet air fameux que chante Marguerite dans le Faust de Gounot était une injonction à sortir de moi-même.
Pour la première fois, en face de moi, il y avait un maître. Et ce maître m'encourageait à exister en tant que Sylvie Guillem. Je n'étais plus l'élève qui est là pour apprendre et se taire. Il donnait envie de se faire peur, d'aller plus loin. Avec lui, on comprenait que danser, c'était aussi apprendre à se connaître soi-même. Et à vivre"


Je ne sais pas si vous avez déjà vu des extraits du Boléro de Ravel par Béjart (dansé par Jorge Donn dans le film de Claude Lelouch Les uns et les autres, par exemple), c'est un ballet qui me prend littéralement aux tripes. 

Voici comment  Sylvie Guillem qui l'a dansé 200 fois en parle:

"La chorégraphie (de ce ballet) demande  de la force, de la 
stamina. Deux mêmes mesures sont répétées 169 fois jusqu'au crescendo final. Musique lancinante, hypnotique qui, bien qu'elle ne dure que dix-sept minutes, fait perdre la mémoire et le fil. Perchée sur la table, en pleine lumière, avec le noir tout autour, le soliste se sent tel l'animal pris dans les phares.
qui est induit par la répétition de la musique et du mouvement, agissant comme un mantra. Et un jour, il y a un passage. Quelque chose d'intime se faufile entre vous, le rôle, et les garçons qui font cercle. On commence à comprendre qu'il faut ramasser, collecter la force de ces hommes pour atteindre une sorte de nirvana. On se sent semblable à une déesse de l'énergie qui redistribue la puissance et sème la fertilité"





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Published by Florence - dans PLAISIR DES SENS
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commentaires

Hadda 27/06/2008 12:36

très puissant ce qu'elle écrit